Les dysfonctionnements du pénitentiaire sont confirmés. Mais il aura fallu mort d’homme…

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Le PSV salue la parution ce jour du rapport Rouiller sur l’affaire Skander Vogt. Le départ de Mme Martin, experte choisie par le Conseiller d’Etat Leuba pour enquêter, est la preuve que l’expertise indépendante demandée par le PS était indispensable. Les dysfonctionnements et le manque de postes dans les établissements pénitentiaires maintenant confirmés, le PS attend une véritable action du Conseil d’Etat et pas un simple de communication. Et que celui-ci arrête de combattre des mesures simplement indispensables au bon fonctionnement de ses services.

Le Parti socialiste vaudois a pris connaissance du rapport Rouiller paru cet après-midi. Il salue la qualité du travail et cet acte de transparence bien qu’il ait dû attendre plus de 4 heures pour recevoir une copie partielle des documents remis à la presse ce matin…

Pour le PS, le constat est implacable : le rapport fait peser de lourdes charges sur les autorités pénitentiaires à tous les niveaux, y compris politique. Un rapport indépendant était donc bel et bien indispensable pour que le culte du secret en vigueur dans ce service soit enfin brisé. Le rapport lève le voile sur les dysfonctionnements du système pénitentiaire et sur les manquements évidents de la direction et du personnel. A noter que si la gauche du parlement n’avait pas revendiqué une enquête indépendante, celle-ci aurait été menée par la seule personne aujourd’hui écartée de ses fonctions : Mme Catherine Martin.

Le rapport permet aussi de rétablir une certaine vérité sur la personnalité de Skander Vogt. Il contredit clairement les termes utilisés, notamment repris par le Conseiller d’Etat Leuba, qui a, de manière réitérée, décrit M. Skander Vogt comme un détenu parmi les plus dangereux du canton. S’il convient de le qualifier de « problématique », ce n’est pas tant du fait de sa dangerosité, mais à cause des « particularités de son statut carcéral » comme le précise le juge Rouiller. Le rapport relève à raison une incarcération inadaptée et un véritable déni de justice: la justice n’a pas effectué d’expertise psychiatrique depuis 2000. La décision tombée en 2001 a ainsi été considérée injustement comme une condamnation de réclusion à perpétuité.

Le PS maintient que ce drame aurait pu être invité. Les dysfonctionnements, le règne du secret et de la peur et l’ambiance délétère du système pénitentiaire étaient connus, seuls ses dirigeants n’ont pas voulu l’entendre. Depuis 2006, le PS et ses allié-e-s politiques et syndicaux ont fait état de plusieurs mises en garde sur ces dysfonctionnements graves et sur les manques de postes, un constat qui s’est encore une fois concrétisé par un amendement du PS au budget, rejeté pour la dernière fois en décembre 2009 par le Conseiller d’Etat Philippe Leuba. Il aura fallu mort d’homme pour qu’une expertise externe soit mandatée.

Le PS reste inquiet du fait qu’en matière policière et pénitentiaire, il faille dans ce canton un tel tapage médiatique pour que la vérité soit faite. Ce rapport rédigé et ses recommandations émises, le PSV attend du Conseil d’Etat, non pas un plan de communication, mais une action concrète pour l’amélioration du système pénitentiaire et espère que Mme Martin ne serve ainsi pas de simple fusible. La dotation en personnel au sein des établissements pénitentiaires vaudois doit être améliorée. D’autre part, les faits divers s’accumulent où l’intervention policière n’est pas possible dans des délais raisonnables en raison d’un manque de personnel. Dans ce domaine aussi, le Conseil d’Etat doit revoir sa politique.

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