Rarement, dans le canton de Vaud, la croissance économique a été aussi forte. Les entreprises affichent la mine des beaux jours, les finances cantonales sont positives, la démographie explose. Dans un contexte aussi réjouissant, la responsabilité d’une collectivité, d’une communauté doit dès lors se concentrer autour d’une priorité. Faire en sorte que personne ne reste au bord du chemin, exclu et désemparé.Et la face sombre de notre vitalité économique aujourd’hui, ce sont les milliers de personnes qui pointent à l’aide sociale depuis le 1er avril. Ce sont les familles qui n’ont pas assez d’argent pour boucler leurs fins de mois, ce sont les chômeurs-euses âgé-e-s au crépuscule de leur vie active, que le monde du travail rejette mais que le système de retraite n’accueille juste pas.
Les autorités vaudoises – Conseil d’Etat et Grand Conseil – ont assumé leur responsabilité politique. Et proposé deux mesures pragmatiques, raisonnables, humaines. Que les parents qui travaillent mais ne gagnent pas assez pour s’en sortir bénéficient d’un complément de salaire de l’ordre de 700 francs en moyenne, que les chômeurs-euses à deux ans de la retraite puissent obtenir une rente-pont. Les mesures sont financées pour une part par le canton et les communes et pour un tiers par les cotisations sociales. Dans un canton où les entreprises affichent une insolente santé, l’effort (3 francs par mois pour un salaire de 5’000 francs), paraît supportable !
Pas aux yeux des organisations patronales, CVCI et Centre patronal, qui ont décidé de lancer le référendum contre le projet. Ces deux organisations, animées avant tout par des motifs idéologiques, soucieuses de retrouver un rôle que les ambitions de compromis du monde politique leur enlèvent, investissent leur énergie et des moyens financiers considérables pour refuser aux familles modestes et aux actifs-ves âgé-e-s le droit de vivre dignement.
Nous devons combattre avec toute notre énergie les arguments mensongers des référendaires. Au seuil des élections fédérales et cantonales, la bataille est décisive. Il est indispensable de montrer que nous refusons une croissance qui se construit sur le dos des plus faibles.
Géraldine Savary
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